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21/01/2019

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Situation catastrophique du commerce traditionnel selon la Ronde des Quartiers de Bordeaux qui écrit aux ministres

La Ronde des Quartiers de Bordeaux s’est associée à un collectif de commerçants de plusieurs villes de France pour écrire aux Ministères de l’Economie et des Finances et de l’Intérieur pour alerter à la fois sur l’imminence de la catastrophe économique de certains commerces mais également sur la nécessité de restaurer l’ordre en centre-ville pour permettre aux commerçants de travailler dans des conditions sereines.
L’imminence d’une situation économique catastrophique -Le courrier au Ministre de l’Economie et des Finances a pour but d’alerter sur l’imminence d’une situation catastrophique pour l’ensemble des commerçants. Ces évènements redondants sur les périodes vitales du commerce comme le mois de décembre et les soldes d’hiver ont des conséquences irrémédiables sur celui-ci tels une perte cumulée de 40% du chiffre d’affaire en décembre et un climat anxiogène qui rebute nos clients à fréquenter le centre-ville. Nos commerçants et artisans sont en péril, certains meurent, les salariés des grands groupes se retrouvent en précarité ou en chômage technique. Certes les services URSSAF et DIRECCTE sont mobilisés et répondent aux dossiers que nous leur transmettons, mais cela restera insuffisant pour éviter une perte irrémédiable car il ne s’agit que de reports de paiements.
« Dans le commerce, nous avons un principe que nous connaissons tous, ce qui est perdu est perdu et ne se rattrape pas » explique Christian Baulme, président de la Ronde des Quartiers.
Nous souhaitons alors qu’un plan d’accompagnement soit mis en place pour les commerçants : exonération de charges, de taxes, aides liées aux pertes et dégâts subis, interventions auprès des banques et assurances pour une facilité de procédure et un accompagnement particulier : « état de catastrophe exceptionnel du commerce ».
Nous lançons à ce titre un appel à la région Nouvelle Aquitaine afin que cette dernière nous rencontre pour écouter nos doléances et débloque des fonds comme certaines autres régions de France ont pu déjà le faire. En second lieu, en tant qu’acteurs fédérateurs et créateurs d’animations et d’attractivité dans notre ville mais aussi grâce à nos compétences et réseaux, nous demandons un soutien exceptionnel pour développer un panel d’actions fortes à la fin du mouvement des « gilets jaunes » et ainsi inciter nos clients à revenir.
La nécessité du retour à l’ordre- En effet, que cela soit à Bordeaux, Dijon, Grenoble, Lyon, Rennes, Nantes, Toulouse, nous assistons à des scènes de guérilla urbaine et restons la cible impuissante de débordements inacceptables.
« L’insécurité est la plus totale aussi bien pour les résidents que pour les commerçants qui se sentent isolés et sans défense. Nous demandons la protection de nos commerces et de nos clients qui n’osent plus venir » interpelle Jérôme Bianchi, président de l’Association des commerçants du Cour Alsace-Lorraine
Nous avons voulu interpeller le Ministre de l’Intérieur sur le fait que chaque semaine, c’est le travail d’une vie qui peut être attaqué, détruit ou volé. Nos commerçants, artisans et leurs salariés ne peuvent travailler librement et vivent dans l’insécurité et la menace d’attaques. Leur sécurité, ainsi que celle
de leurs clients, qui décident de résister face à cette atteinte à leur liberté et de soutenir leurs commerces par leur présence, n’est plus assurée.
Nous demandons donc de tout mettre en oeuvre afin que l’ordre soit restauré dans nos villes et que nos centres-villes puissent redevenir l’expression d’un bien-être. Ainsi, nos commerçants pourront travailler et reparticiper au dynamisme et l’attractivité de nos villes et de notre pays.
Un élan de solidarité entre commerçants- Dans ces moments sombres que notre secteur vit, nous, commerçants avons décidé de résister ensemble et avons réussi à créer un véritable élan de solidarité et de soutien.
C’est pourquoi à l’initiative de la Ronde des Quartiers, nous avons lancé un appel à l’ensemble de la profession, mardi 21 janvier au matin, afin que nous postions tous ensemble ce courrier pour souligner l’implication, non pas d’institutions associatives ou de fédérations, mais d’hommes et de femmes qui travaillent au quotidien au rayonnement de leur ville.
La Ronde des Quartiers de Bordeaux

21/01/2019

bordeaux feltesse voeux

« Le réel, c’est quand on se cogne ». La phrase du philosophe psychanalyste Jacques Lacan est utilisée à l’envi. Elle correspond pourtant bien à ce qui se passe dans notre pays et à Bordeaux avec le mouvement des gilets jaunes. Le réel se rappelle à nous. Fortement. Parfois violemment. Mais en tout cas, de manière déstabilisante. Nous avons sûrement pêché de manière collective, en voyant par trop la France au travers du seul prisme de ses métropoles, des stars up, des classements de Shanghai... Cette France existe, mais elle n’est pas seule. Il y a celle des banlieues, toujours plus oubliées. Y compris en ce moment. Et celle où se mêle périurbain et ruralité. On le savait. Il n’y a qu’à relire le rapport de fin 2010 de Jean-Paul Delevoye, alors médiateur de la République, sur le burn out démocratique ou les chroniques de Florence Aubenas, écrites entre 2012 et 2014 intitulées « En France » ou encore les études de Jérôme Fouquet.
Il y a donc un besoin de réarticuler ses différents territoires, de n’oublier personne, sans stigmatiser ni opposer, une fois les migrants, une autre fois les habitants des métropoles.
Pour cela, il faut commencer par ne pas nier les réalités, singulièrement à Bordeaux. Nous sommes beaucoup plus touchés que d’autres territoires, car les écarts semblent devenus trop importants. Et ils le sont, notamment sur le prix de l’immobilier. L’opposition pendant des années de certains, et pas des moindres à l’Etablissement public foncier, se paye très cher aujourd’hui. Il faut donc avoir une politique intelligente pour une Gironde qui voit sa population croître de plus de 20.000 habitants chaque année. Les pistes existent. J’ai commencé à les esquisser.
Mais, pour le moment, profitons encore de ces jours de janvier pour se souhaiter tellement une très belle et bonne année 2019.
Vincent Feltesse, conseiller du Président de la république de 2014 à 2017

21/01/2019

lienemann traité tribune

"Un texte inacceptable en l'état qui doit être soumis à référendum" estime la sénatrice de Paris

Demain, le Président de la République française, Emmanuel Macron, et la Chancelière allemande, Angela Merkel, signeront à Aix-la-Chapelle un projet de traité bilatéral qui va bien plus loin que la réaffirmation de l'amitié franco-allemande affichée lors du traité de l’Élysée en 1963 dont le 56ème anniversaire sert de prétexte symbolique.
Derrière ce projet de traité se cache en réalité la volonté d'engager la France dans des voies dangereuses sans que le peuple français n’ait réellement pu en décider. Derrières des phrases parfois apparemment anodines se cache des orientations et des politiques qui auront de graves répercussions.
1- Rien n’est formulé clairement en matière de lutte contre les dumpings sociaux et fiscaux, ni pour rééquilibrer la balance commerciale que l’Allemagne a très largement amélioré sur le dos de ses partenaires. Nulle référence non plus à l’indispensable réorientation des politiques européennes pour plus de justice sociale, fiscale, plus de solidarité, plus de souveraineté populaire ; il n'est évidemment pas question de sortir du diktat de la « concurrence libre et non faussée ».
Au contraire, l'article 1 dispose « Ils s’efforcent de mener à bien l’achèvement du Marché unique et s’emploient à bâtir une Union compétitive (…) promouvant la convergence économique, fiscale et sociale » (art.1). C'est l'éternel retour de vœux pieux jamais suivi d’effet, comme le montrent le blocage allemand sur la taxation des GAFAM par crainte de rétorsions américaines contre son industrie automobile. Ce traité marque une absence totale de réflexion sur les dysfonctionnements de l'Union européenne, sur les divergences structurelles des économies françaises et allemandes, dans une relation politique et industrielle devenue profondément déséquilibrée au profit de l'Allemagne. Il consolide finalement le mouvement actuel. Ce n’est pas acceptable.
2- L’article 8 du projet de traité indique que l’attribution d'un siège permanent pour l’Allemagne au Conseil de sécurité de l’ONU deviendra une priorité de la diplomatie française. C’est une attitude extrêmement dangereuse : on sait qu'il n'existe pas de possibilité pour créer de nouveaux sièges permanents, de surcroît au profit l’Allemagne ; en conséquence, très vite, on nous suggérera de partager notre siège permanent entre la France et l’Allemagne, puis de l'octroyer in fine à l'Union européenne. Cette décisions affaiblirait gravement la place et le rôle de la France dans le monde ; elle ne saurait être la priorité de la diplomatie française qui doit d’abord mener une action indépendante au regard de nos nombreux désaccords stratégiques avec l’Allemagne.
3- Les articles consacrés à la création d'euro-districts semblent, sur bien des points, remettre en cause l’unité de la République. Si des coopérations transfrontalières sont bienvenues elle doivent s’inscrire dans le respect scrupuleux de l’égalité des droits et l’unité de l’organisation de la République dans notre pays.
4- Si la bonne qualité des relations franco-allemandes peut être un atout, affirmer une intégration prioritaire entre nos deux pays prive la France d’un rôle charnière entre le nord et le sud de l'Union européenne ; cela modifierait la nature même de la construction européenne que nous souhaitons, c'est-à-dire une union solidaire et équilibrée où nul pays n’impose une forme de suprématie.
L'élaboration de ce projet de traité s'est déroulée dans la plus grande opacité ; alors que le Parlement français avait tenu à y être associé, son texte n'a toujours pas été officiellement adressé aux parlementaires. Le Parlement ne pourra plus désormais y apporter sa réflexion, malgré les nombreuses questions et dispositions inopportunes portées par ce projet de traité, puisqu'il ne pourra plus qu'y répondre par la ratification ou le rejet. Sa ratification est aujourd'hui envisagée par un projet de loi ordinaire, donnant le dernier mot à l'Assemblée nationale dont on connaît l'intense esprit critique à l'égard de l'exécutif.
Il n'est plus possible de ratifier à la légère de tels traités sans associer réellement le parlement et les citoyens français. Emmanuel Macron a une nouvelle fois fait preuve d'un mépris délétère dans la conduite de ce dossier, dont les considérants sont particulièrement sensibles.
C'est pourquoi Marie-Noëlle Lienemann demande que le peuple français ait le dernier mot et que la ratification du traité d'Aix-la-Chapelle soit soumise à référendum.
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris

18/01/2019

département fusion gironde gleyze juppé metropole renoncement

Alain Juppé a annoncé renoncer au projet de fusion entre la Métropole bordelaise et le Département. Satisfaction du président du Conseil départemental Jean-Luc Gleyze. Communiqué de ce dernier:
"Je me réjouis de la décision du Président de Bordeaux Métropole de se retirer du projet de fusion forcée entre le Département et la Métropole envisagé par le Gouvernement.
Alors que nos concitoyens témoignent d’un sentiment profond de fractures sociales et territoriales, il n’était pas envisageable d’y ajouter une fracture institutionnelle entre nos deux collectivités, qui se serait traduite par un accroissement des inégalités au sein de notre département. Car c’est bien ensemble, en privilégiant la coopération plutôt que la rupture, que nous devons relever ce défi que nous lancent nos concitoyens et qui engage nos deux collectivités pour l’avenir.
Néanmoins, les problèmes liés à la métropolisation continuent à peser sur la vie quotidienne des Girondines et des Girondins. Nous pouvons désormais engager sereinement des Assises du territoire – associant le Département, la Métropole et la Région – pour y apporter une réponse collective. L’objectif est double : faire en sorte que le dynamisme métropolitain profite à l’ensemble du territoire et qu’elle puisse en retour s’appuyer sur les nombreuses richesses de nos territoires pour contribuer à son rayonnement".

12/01/2019

9e gilets jaunes journée mobilisation

Mais cela finira-t-il un jour? Ce 9e acte de mobilisation des Gilets Jaunes a révélé une participation en hausse qui confirme que, après l'accalmie des fêtes de d'année, le mouvement reprend de plus belle. 84 000 manifestants en France ce samedi selon les chiffres officiels, mais ils étaient 6000 à Bordeaux, 5000 à Toulouse, 8000 à Paris, 5000 à Bourges, et ...200 devant la villa des Macron au Touquet. Ce nouveau samedi jaune a mis en évidence la volonté de pacifisme de la plupart des gilets jaunes, et le fait que les tensions ont surtout monté lorsque le service d'ordre a été visible. On se demande si tout n'eut pas été mieux s'il ne s'était jamais montré. Il y aura eu toutefois moins de casse que lors des manifestations précédentes, mais on constate tout de même des heurts, et plus de 100 interpellations seulement à Paris.
De toute évidence les gilets jaunes n'ont pas l'intention de renoncer, et il est peu probable que le "grand débat" annoncé modifie leur attitude. Il se confirme tous les jours que seul un "big bang" politique-référendum immédiat, dissolution de assemblée par exemple- soit capable d'inverser la vapeur et de nous rendre des fins de semaines plus sereines.
G.G.

Paysud Mag. Responsable: Gilbert Garrouty, journaliste
Contact:info@paysud.com